vendredi 28 décembre 2012



PIERRE A SEL

J'ai des patins dans la langue à roulettes
un tricycle branché patinette

Comme une membrane mes tempes battent macadam
un vasistas percé au plafond des nuits noires

Mitres cheminées aux zincs des percolateurs
ça fume du toi à moi

Un panier d'oeufs durs 
une odeur viandox
de la cendre froide
sur le tapis d'un disque de der
autour d'une table de bise trot
mes lèvres te courent après la soupe à l'oignon
des forts des halles
aux douves de Pierrefonds 
Le paysage sur l'impérial Prosper
plat comme un Mérimée
comme disait le père Hugo

A hauteur démesurée
j'me dis des pensées ramenées à leur juste proportion
Notre-Dame où est le bon son de cloches
Si Viollet-le-Duc avait pas trouvé du gypse sur tes murs
aurait-il redonné un accent autour de Carcassonne
c'est une bonne question
où ce que j'aime dans la pierre c'est la maladie d'amour
avec cette brune heure de ses cheveux blancs
puis l'âge ça embellit  par l'authentique resté intact
m'aime agrandi que je crois
bien sûr faut pas laisser mourir la vie 
seulement faut pas confondre retendre l'appeau
avec chasser l'âme au profit de l'apparence 

Le paraître ça me fait comme un don qui schoote en touche
au lieu de se foutre à poils
porté par une élévation verticale

Un jeune homme préoccupé par l'existence se cogne à tous les carrefours du sacré
d'où viens-je pas facile à vivre
et quand on se prénomme Piscine
j'te dis pas la profondeur du grand bain
surtout quand t'en arrive à t'embarquer avec un tigre du bain gale
Ceux qui savent tout c'est vrai ça n'existe pas
l'Ô dit sait macache rien de bon
Faites pas attention
quand j'parle en faisant semblant d'être tout seul, c'est que j'suis avec quelqu'un très bien proche
Comme cette nuit
où j'ai vu  enchanté
L'Odyssée de Pi
c'était pas du cinéma
trop beau pour pas être vrai.


Dédicace à nôtre radeau
Loisobleu
28 Décembre 2012



mardi 25 décembre 2012

DES CILS MOI UN MOUTON



DES CILS MOI UN MOUTON

La vague soupçonneuse s'arrêta franc clin
un éclair topez hein
dos tape étroit
Glacial le piano claque des dents
gare son
à portée au moins des mitaines
et la note
nous pare ton
Un orque de barbarie
gouale comme un con cierge enfumé
qu'il pleut des berges aires de repos

Des cils moi un mouton

De la gare des affectés
un quai s'affaisse
tant
que j'voye tout rouge
Une ire rondelle fait pas l'printemps
sauf en chine
aux vides grainiers qui nient d'hifi au profit de la soupe
Dites à l'abruti qui veut pas qu'on touche à son s'pote publicitaire
que le s'marre phone y me les brise menu
que m'aime avec toute mon affection à J-M
on m'f'ra plus croire que la poésie peut sauver quelque chose sur Netlog

Loisobleu
26 Décembre 2012







L'ESPERANCE 



Une cretonne encore chaude d'un rêve au bout du monde 
écarte du soufle d'un autre matin 
les buées de la nuit 
Le fracas des vagues forçant le mur des falaises 
court encore aux embruns que le vent propulse 
sur la couleur tapie 
Mes lunettes aveuglées par la force des éléments 
posent un regard interrogateur au hublot qui va-et-vient 
montant aussi vite que la mer fait ses creux 
Qui peut mieux savoir que le grand large 
la force inexplicable qui modifie l'effroyable vision en étreinte profonde entre deux bras salvateurs 



L’espérance 

J’ai ancré l’espérance 
Aux racines de la vie 

Face aux ténèbres 
J’ai dressé des clartés 
Planté des flambeaux 
A la lisière des nuits 

Des clartés qui persistent 
Des flambeaux qui se glissent 
Entre ombres et barbaries 

Des clartés qui renaissent 
Des flambeaux qui se dressent 
Sans jamais dépérir 

J’enracine l’espérance 
Dans le terreau du cœur 
J’adopte toute l’espérance 
En son esprit frondeur. 

Andrée Chedid 

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004 



Sépia le racorni d'un vieux cliché numérise la survivance 
engloutissant les kilomètres de distance 
dans un rapprochement riant sur la surface du fond des choses 
le glacé du papier 
fond sous la chaleur des lèvres 
L'immobile part au devant de l'éclosion du bourgeon 
un fruit déjà mûr en son intérieur 
Quelques oiseaux insolents rient sous cap 
les costumes de scène des médias restent aux cintres 
inutile d'envoyer les sirènes 
la détresse n'est pas à la hune 
les mauvaises nouvelles sont incapables de quitter la terre 
Au plus noir de nous en ultime misère 
en déchirements de chair sous le sadisme du bourreau 
dans le cynisme de l'imposteur 
m'aime au fond de l'étui à lunettes 
l'éclat de l'espoir irradie sa chaleur 
Je n'ai pas moins qu'un autre 
ni plus 
de motifs de tomber que de croire pouvoir me redresser 
mais c'est bien du centre du creux que la verticale jaillit 
Glacé des sudations de la peur 
l'espoir me tend la douceur de son éponge 
tes mains mieux que des paroles savent dire l'énergie de l'amour 



Loisobleu 
25 Décembre 2012