mardi 25 décembre 2012





L'ESPERANCE 



Une cretonne encore chaude d'un rêve au bout du monde 
écarte du soufle d'un autre matin 
les buées de la nuit 
Le fracas des vagues forçant le mur des falaises 
court encore aux embruns que le vent propulse 
sur la couleur tapie 
Mes lunettes aveuglées par la force des éléments 
posent un regard interrogateur au hublot qui va-et-vient 
montant aussi vite que la mer fait ses creux 
Qui peut mieux savoir que le grand large 
la force inexplicable qui modifie l'effroyable vision en étreinte profonde entre deux bras salvateurs 



L’espérance 

J’ai ancré l’espérance 
Aux racines de la vie 

Face aux ténèbres 
J’ai dressé des clartés 
Planté des flambeaux 
A la lisière des nuits 

Des clartés qui persistent 
Des flambeaux qui se glissent 
Entre ombres et barbaries 

Des clartés qui renaissent 
Des flambeaux qui se dressent 
Sans jamais dépérir 

J’enracine l’espérance 
Dans le terreau du cœur 
J’adopte toute l’espérance 
En son esprit frondeur. 

Andrée Chedid 

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004 



Sépia le racorni d'un vieux cliché numérise la survivance 
engloutissant les kilomètres de distance 
dans un rapprochement riant sur la surface du fond des choses 
le glacé du papier 
fond sous la chaleur des lèvres 
L'immobile part au devant de l'éclosion du bourgeon 
un fruit déjà mûr en son intérieur 
Quelques oiseaux insolents rient sous cap 
les costumes de scène des médias restent aux cintres 
inutile d'envoyer les sirènes 
la détresse n'est pas à la hune 
les mauvaises nouvelles sont incapables de quitter la terre 
Au plus noir de nous en ultime misère 
en déchirements de chair sous le sadisme du bourreau 
dans le cynisme de l'imposteur 
m'aime au fond de l'étui à lunettes 
l'éclat de l'espoir irradie sa chaleur 
Je n'ai pas moins qu'un autre 
ni plus 
de motifs de tomber que de croire pouvoir me redresser 
mais c'est bien du centre du creux que la verticale jaillit 
Glacé des sudations de la peur 
l'espoir me tend la douceur de son éponge 
tes mains mieux que des paroles savent dire l'énergie de l'amour 



Loisobleu 
25 Décembre 2012 



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